Le Mourillon d'antan
Le Mourillon d'antan
Le Mourillon d'antan

C'est avant le milieu du XIX siècle que la marine décide d'étendre la surface de son arsenal principal en transformant les terrains d'entrepôts de bois en arsenal. En effet, entre les années 1820 et 1850, les débuts de la révolution industrielle amène la marine à étendre ses activités avec l'avènement de la machine à vapeur. De nouveaux métiers font leur apparition dans le corps des ouvriers de l'arsenal, comme les mécaniciens, les tôliers, les chaudronniers… On fait venir des ouvriers des ports de l'Atlantique et des régions industrielles du Nord.
Les effectifs de l'arsenal de Toulon passe de 3000 ouvriers en 1830 à 5000 en 1850. Ce nombre dépassera les 6000 ouvriers à la fin du XIXème siècle.
On a besoin d'espace et la mise en œuvre de techniques modernes et de construction mécanique amènent les autorités maritimes à étendre l'arsenal vers le Mourillon aux dépends du site de Castigneau pourtant jugé favorablement à cause de la proximité immédiate du grand arsenal. Effectivement, on reproche au site du Mourillon, ses difficultés d'accès par la mer, notamment lorsque le mistral souffle sur la rade.
Les travaux débutent en 1836. L'entreprise est énorme, il faut niveler et assécher les terrains marécageux, construire des quais qui s'étendront en direction de la tour Royale. On emploiera la main d'œuvre des bagnards, l'ancienne chiourme des galères. On va construire des murailles qui vont enserrer le nouvel arsenal dont il nous reste aujourd'hui les bâtiments qui longent le boulevard Bazeilles et l'avenue des tirailleurs sénégalais.
Les bagnards logent dans un pontons flottant (n°2) amarré non loin de l'arsenal, ils ont une salle spéciale dans l'arsenal.
(
En 1824, des forçats du Mourillon se mutinent. Le commandant du bagne fait intervenir la garde, les mutins sont fusillés )
Le Mourillon d'antan

Le projet initial d'extension de l'arsenal
prévoyait l'édification de 15 cales couvertes. Seules les cinq cales nord seront construites

Entre les années 1853 et 1859, cinq grandes cales couvertes sont bâties dont le nombre devait être initialement porté à quinze. Elles seront aussi construites par les bagnards qui réaliseront les travaux de maçonnerie et l'édification des charpentes. De nouveaux hangars fermés seront également construits pour permettre le stockage et le séchage du bois. Plusieurs bâtiments et bureaux administratifs sont édifiés dans l'enceinte de l'arsenal dans un long bâtiment qui court tout le long de la nouvelle enceinte (direction du port, poste des pompiers, atelier de forge pour les navires en fer, magasin pour les fers et les cuivres, bureau des officiers du génie maritime, locaux technique…). Le bâtiment situé à l'extrême sud de ce long édifice est la caserne de la gendarmerie maritime.
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Les cales de construction offrent un nouveau visage
à la rade de Toulon

Dans la partie nord de l'arsenal, toujours dédiée à l'entreposage des bois s'élève une grande scierie à vapeur surplombée d'une haute cheminée (dans les environs de l'actuelle piscine). L'arsenal dispose de deux immenses bassins d'immersion pour les bois. Ces bassins sont alimentés par l'eau de mer et l'eau douce provenant de la rivière Eygoutier. Au nord, l'arsenal possède une porte qui s'ouvre vers le nouveau bassin du Port Marchand. Côté ouest, les techniques modernes verront l'édification de l'école des mécaniciens dont il subsiste aujourd'hui une petite partie du bâtiment, côté est, un long bâtiment en angle, utilisé à l'origine comme entreposage des bois sera affecté par la suite comme casernement pour des troupes coloniales.
Côté sud, le bâtiment qui longe le boulevard de l'Eygoutier (bd Bazeilles) accueillera les écuries des casernes de l'infanterie et de l'artillerie coloniale. Entre l'extrémité de ce bâtiment et celui qui longe le boulevard Bazeilles en direction de la Mitre s'ouvre la porte principale de l'arsenal du Mourillon, appelée porte du Centre.
Le Mourillon d'antan

Cliquer sur la photo pour découvrir une vue panoramique de l'arsenal, prise de la Tout Carrée (Photo montage)

La superficie totale des installations de l'arsenal du Mourillon était 24 hectares. La forte présence de la marine lui vaudra également la dénomination de quartier de la marine.
Le 1er août 1845, un événement singulier vient noircir l'activité de l'arsenal du Mourillon. Un spectaculaire incendie détruit les stocks de bois. L'origine de ce sinistre n'a jamais pu être élucidée, néanmoins des bruits ont courus alors qu'un contrôle financier et un inventaire devait être menés dans les entrepôts de bois de la marine. L'hypothèse d'un incendie volontaire en vu de cacher des malversations est resté l'hypothèse la plus crédible. En effet, l'incendie s'est déclaré en plein jour et en plusieurs endroits simultanés. Le stock était évalué à 5 millions de francs de l'époque.
Ces contrôles entamés à l'époque levèrent le voile sur de nombreuses dilapidations et malversations dans les ports militaires français, notamment à Rochefort.
Les entrepôts seront reconstruits après cet incendie.

Incendie de l'arsenal du Mourillon. D'après Pierre Letuaire.

Incendie de l'arsenal du Mourillon. En arrière plan la scierie en feu.
Source: Le Monde illustré

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