Le Mourillon d'antan
Le Mourillon d'antan
Le Mourillon d'antan

La partie sud de l'arsenal s'étire en direction de la tour Royale jusqu'à la petite darse, construite en 1912, qui permet la communication par mer avec l'arsenal principal de Toulon. Le rivage qui s'étend au delà sera occupé au début du XX siècle par les bains de mer du Polygone et un embarcadère situé avant la tour Royale.
De grandes premières réalisations

 En mai 1850, on procède à la construction du premier navire à vapeur et à hélice dans les nouvelles cales de l'arsenal du Mourillon. Les travaux sont dirigés par l'ingénieur du génie maritime Stanislas Charles Dupuy de Lôme. Le Napoléon, navire de 78 mètres de long, jaugeant 5600 tonnes marquera l'entrée de la marine dans l'ère moderne grâce à ses performances révélées lors de la guerre de Crimée, fournies par une puissance motrice de 1100 cv. L'avènement des nouvelles techniques modernes de fabrication, avec la métallurgie et la machine à vapeur vont révolutionner la construction navale.

En 1858, les ouvriers de l'arsenal entament la construction de la première frégate cuirassée de guerre (Ironclad) à propulsion mixte,
la Gloire, un navire jaugeant 5000 tonnes pour 71 mètres de long, qui sortira des cales du Mourillon en novembre 1859, toujours sous la direction de l'ingénieur Dupuy de Lôme.

Lancement du cuirassé La Glire au Mourillon
Le Mourillon d'antan
Le cuirassé La Gloire est lancé depuis les cales de l'arsenal du Mourillon. (Getty images) Le cuirassé La Gloire au mouillage à l'arsenal de Toulon
La Gloire sera le premier cuirassé à vapeur et à hélice au monde construit pour le compte de la marine française qui disposera du bâtiment le plus moderne pour son époque.
Le bâtiment était armé de 36 canons rayés de calibre 80 et disposait d'une force motrice de 900 ch. Le navire était constitué d'une coque en bois, recouverte d'une cuirasse métallique qui protégeait ses flancs jusqu'à la ligne de flottaison.
En dépit de l'arrivée et de la mise en chantier des nouveaux cuirassés métalliques, on continuera à construire des navires en bois et des cuirassés de la classe du bâtiment La Gloire afin d'écouler l'énorme stock de bois de l'arsenal du Mourillon et également de pérenniser l'emploi des nombreux ouvriers et charpentiers de marine spécialisés dans la construction de navire en bois.
En novembre 1886, la décision est prise de construire un sous-marin dont le chantier débutera en avril 1887. C'est ainsi que démarre la construction du premier sous-marin moderne du monde, le Gymnote, dans les cales de l'arsenal du Mourillon. Le sous marin, construit sous la direction de Gustave Zédé, sera lancé en septembre 1888. Il a été conçu d'après les plans de l'ingénieur Dupuy de Lôme : ses caractéristiques étaient une longueur de 17m60 pour un déplacement de 31 tonnes. Le Mourillon d'antan

Le sous-marin Le Gymnote dans une cale du Mourillon

Suivra en 1893, la mise sur cale du sous-marin Gustave Zédé, 48m de long, jaugeant 261 tonnes et équipé d'un tube lance-torpilles.

arsenal du mourillon
Lancement du sous-marin Gustave Zédé en juin 1893 au Mourillon

Arsenal du Mourillon, les nouvelles cales de construction

Vers la fin du XIX et le début du XX siècle, deux nouvelles grandes cales de construction en bois à structure métallique seront édifiées à la suite des 5 anciennes cales. Leurs dimensions sont impressionnantes, elles débordent de l'enceinte de l'arsenal sur le boulevard Bazeilles (actuelle avenue des tirailleurs sénégalais).
Durant l'entre-deux guerres, ces deux cales seront démantelées et deux autres nouvelles cales de construction en dur seront édifiées (
Elles ne seront pas détruites durant les bombardements de la dernière guerre et existent toujours).

En 1912, le développement les activités sous-marine amène les autorités à créer la darse des sous-marins.

Une des deux nouvelles cales de construction
Le Mourillon d'antan Le Mourillon d'antan

Vues de l'arsenal nord et de l'arsenal sud du Mourillon - Reconstitutions
Cliquez sur les images afin de les agrandir

Des destructions irrémédiables
A l'entrée de la deuxième guerre mondiale, l'arsenal du Mourillon abrite la base des sous-marins, dont il nous reste aujourd'hui, le quai des sous-mariniers. C'est à partir de ce quai et des anciens quais adjacents situés sur l'actuel port de plaisance, que le fameux sous-marin Casabianca du commandant Lherminier larguera les amarres et parviendra à s'échapper lors du sabordage de la flotte française en novembre 1942.
Avec l'occupation de la zone libre, les stratèges militaires allemands décident en janvier 1943 d'utiliser les installations de l'arsenal de Toulon pour abriter et procéder aux opérations de maintenance et d'approvisionnement d'une flottille de sous-marins U-Boot. Les installations du Mourillon et notamment la darse des sous-marins seront particulièrement utilisées à cet effet.
En août 1943, la 29ème flotille U-boot sera transférée de la Spezia en Italie jusqu'à Toulon. Dès lors, la base de sous-marins deviendra l'une des cibles privilégiées des forces alliées qui s'emploieront à éradiquer la menace. Les bombardements de 1943 et 1944 seront dévastateurs, toute la zone sera pulvérisée sous les bombes, ainsi que l'ancien Port Marchand qui sera pratiquement rasé. Une grande partie des bâtiments historiques de la partie nord de l'arsenal seront détruits. Le quartier du Mourillon aura également beaucoup à souffrir des bombardements.
Le Mourillon toulon
A la fin de la guerre, les destructions seront telles que la marine cèdera tous les terrains de la partie nord et ouest (piscine municipale) de l'arsenal du Mourillon à la Chambre de Commerce qui s'emploiera à la reconstruction de l'actuel quartier du Port Marchand dès le début des années 1950. L'ancien chenal d'approvisionnement en bois sera comblé ainsi que le bassin du Port Marchand.

L'arsenal du Mourillon et le Port Marchand
sous les bombes en mars 1944

Il reste aujourd'hui bien peu de traces de ces anciennes installations, si ce n'est le bâtiment de la DDE sur l'avenue Infanterie de Marine qui n'a conservé une partie de la longueur initiale de l'ancienne école des mécaniciens. Sur la trentaine d'entrepôts à bois, 2 subsistent à côté de la station essence du rond point Infanterie de Marine, ainsi que le mur d'un troisième qui délimite les terrains de tennis de l'USAM derrière l'immeuble Panoramic. Les anciennes écuries des régiments d'infanterie et d'artillerie coloniale existent toujours le long du boulevard Bazeilles sur la moitié de leur longueur d'origine. Vers le rond-point Bazeilles, l'ancienne gendarmerie maritime est toujours là. Côté sud, l'arsenal a aussi beaucoup souffert, les anciennes cales historiques ont disparues. Jusqu'au milieu des années 70 subsistaient également des bâtiments qui longeaient l'avenue de Lattre de Tassigny en face du lycée Dumont d'Urville . De la présence allemande il nous reste le bunker de l'ancienne base des sous-marins (la discothèque Blockhaus).

 

L'arsenal du Mourillon en 1945. Les 5 cales historiques sont détruites. La partie nord de l'arsenal est dévastée.
WWII US Air Force Photos (footnote.com)

Dès lors, l'arsenal du Mourillon reprendra ses activités de construction navale. Le sud de l'arsenal sera plus particulièrement dédié aux activités sous-marines, avec l'atelier des torpilles, aujourd'hui disparu pour laisser la place à un parc.

Une partie de l'enceinte historique a été ouverte à hauteur de la place du Polygone. Après plus de 150 années de présence militaire, les mourillonnais peuvent de nouveau contempler la rade à partir de cet endroit. A l'entrée de l'actuelle porte de l'arsenal du Mourillon, on peut également observer aujourd'hui, sur la droite, la rampe de lancement de l'une des anciennes cales de construction, édifiée par les bagnards.

Nouvelles réalisations

En 1976, sur des plans de l'architecte naval Michel Bigoin, Alain Colas fait construire dans les cales de l'arsenal du Mourillon, le Club Méditerranée, un monocoque de 72 mètres de long, équipé 4 mâts de 30 mètres de haut avec lequel il s'élance dans la transat en solitaire de la même année.

     mourillon
Découvrir le
destin du voilier.
Le Mourillon d'antan
Le Mourillon d'antan