L’église Saint Flavien

Le développement du faubourg du Mourillon a réellement pris forme dès le milieu du XIXème siècle. Jusqu’à cette période, le Mourillon s’apparentait plutôt à une vaste campagne de bord de mer où l’on exploitait depuis longtemps des cultures maraîchères et de nombreuses vignes dont le développement remontait au temps des romains. La pêche y était largement pratiquée sur le front de mer et les maisons de pêcheurs, les cabanons épars et les systèmes de défense militaire autour du fort Saint Louis conservaient au Mourillon quartier ses couleurs de campagne méditerranéenne.
L'église St Flavien au Mourillon (Cliquer pour agrandir)

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L’extension des activités de l’arsenal du Mourillon a contribué de manière significative au développement du quartier. Une forte population ouvrière s’installe le long de l’arsenal qui longe alors la rivière Eygoutier qui traverse tout le quartier en suivant le cours de l’actuel boulevard Bazeilles. Petit à petit, les maisons sortent de terre à l’entrée du faubourg, on ouvre des rues et des places, la vie s’installe dans le quartier de la mer. Le faubourg prend des airs de village et comme tous villages, celui du Mourillon sera rythmé par le clocher de la nouvelle église. C’est au milieu du XIXème siècle que Monseigneur Louis Michel, évêque du diocèse de Fréjus, prend la décision d’ériger une paroisse dans le quartier. C’est au curé de Puget Ville que reviendra la tâche d’organiser l’édification de l’église et la création de la paroisse.
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Eglise Saint Flavien
La construction proprement dite commence en juillet 1864 avec la pose de la première pierre. L’emplacement choisi est celui d’un grand terrain situé le long du chemin du fort Lamalgue, le long de la ligne de fortification qui court jusqu’à Toulon. Dans la première pierre est renfermé un parchemin sur lequel on peut lire :
Le vingtième jour du mois de juillet de l’an de grâce 1864, le dix-neuvième du pontificat de Sa Sainteté Pie IX, le douxième de l’empire de Napoléon III; le huitième de l’épiscopat de Monseigneur Jordany; Monsieur Bravet étant maire de Toulon et Monsieur Louis Aune, curé de la paroisse, la première pierre de cette église a été posée par Monsieur Rouvier, curé doyen de Saint Louis, délégué par Monseigneur l’Evêque.
La consécration de l’église interviendra le 12 février 1868 par Monseigneur Jordany. La dévotion spirituelle des mourillonnais sera désormais indissociable de Saint Flavien, le Saint patron de l’église.
Saint Flavien tient son nom, Flavianus, d’un soldat Wisigoth qui servait sous les ordres du Roi Alaric II (ancien peuple germanique originaire d’Europe centrale situé entre les fleuves Dniepr et Danube, les Wisigoths conquièrent les territoires d’Europe occidentale avec la Gaule et l’Espagne. Alaric II sera défait en 507 par Clovis). La légende veut que Flavianus et Mandrianas se soient convertis au christianisme après avoir reçu le baptême des mains de Saint Cyprien, prêtre de Tholo (Toulon) qui prêchait en Arles à l’occasion de sa visite au Roi Alaric II. Ils se retirèrent pour mener une vie d’ermites sur l’île de Sépet (Cépet) qui deviendra plus tard la presqu’île de Saint Mandrier (Mandrianas).
L’église d’architecture romane a été dessinée par l’architecte nimois Revoil. Elle possède trois nefs d’une longueur de quarante mètres. Son clocher renferme la grande cloche d’un poids de 1200 kg. Les vitraux d’origine ont eut à souffrir des répercussions de l’explosion de la poudrière de Lagoubran en 1899, ils seront par la suite soufflés lors des bombardements de la dernière guerre ainsi que la toiture.
Les vitraux de l’abside ont été réalisés en 1956 par Jean Hugo, le petit-fils du célèbre écrivain. Le grand orgue a été conçu dès la construction de l’église, il a été constamment restauré, il possède trois claviers et plus de 1200 tuyaux. Le nouveau chemin de croix en céramique que l’on peut admirer possède seize stations, les deux supplémentaires représentent L’agonie au jardin de Gethsémani (Gethsémani est le nom de l’endroit situé au pied du mont des oliviers où le Christ a souffert l’agonie) et la Résurrection.
Eglise Saint Flavien
Sources : brochure de présentation de l’histoire de Saint Flavien et autres sources diverses.
Le site Web Paroisse du Mourillon